Ma mémoire sale

Auteur : Vive les Unas

Genre : OS, songfic, drama, McDex avec mention de McBeck. Spoilers pour Sunday. PG-13.

Résumé : Ils sont tous les deux perdus dans un monde qui n'as plus de sens pour eux, dans un monde auquel il manque un élément essentiel à leur bonheur. Ils vont alors essayer de partager leur incompréhension.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, malheureusement. Cette chanson, « Ma mémoire sale », est chantée par Louis Garrel dans le film de Christophe Honoré, Les Chansons d'Amour. Ce film, je suis allé le voir deux fois (en deux jours) avec Belle-maman (EsSstel G. McKay) et Belle Belle-maman (Saschka) tellement qu'il était bien Belle belle-maman a eu la bonne idée d'acheter le CD, et youp la, on a pu se passer les superbes chansons du film en boucle ! Merci mes deux belles-mamans non biologiques adorées !!

Donc évidemment, cette fic c'est pour Estel (bon, c'est quoi l'orthographe officielle de ton nom finalement ? EsSstel ? Estelle ? Estel ? Estell ? ), et Saschka (là, pas de problème).


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C'était en revenant de l'enterrement de Carson. Il était encore emprisonné dans son costume trois pièces, cravate et chemise bleue. Comme ses yeux. Comme les yeux de Carson. Est-ce qu'il arriverait encore à regarder du bleu sans penser à lui ?

Il s'était retenu de pleurer en public. Il avait attendu d'être enfermé à clef dans les toilettes pour enfin relâcher ce qui noyait son c½ur, ce qui restait coincé dans sa gorge et l'empêchait à présent de respirer. Ca n'était pas des larmes, ça ne s'en allait pas en pleurant. Il avait dénoué sa cravate et s'était appuyé contre la porte fermée, essayant de reprendre son souffle. De l'eau coulait sur ses joues sans qu'il puisse l'en empêcher.

Est-ce que cette impression de vide allait le tuer ? C'était comme si les autres personnes étaient sans importance, comme si seule son absence était importante. Carson. Carson...

Mais comment un monde sans lui aurait il pu être possible ? Cela lui semblait absurde, il devait l'attendre derrière la porte, s'inquiétant un peu, son habituel sourire rassurant sur les lèvres...

Rodney avait essuyé ses larmes et renoué sa cravate, avait regardé fixement le papier peint fleuri légèrement décollé en face de lui, comme pour se reconstruire un monde, se persuader du contraire de la réalité. Et puis il avait ouvert la porte, pour ne rien trouver derrière. Carson était partit.

Il avait rejoint la réception, la veillée. Petit comité. Juste des amis proches et la famille. Il avait attrapé un verre et l'avait rempli du contenu de la bouteille de jus d'orange posée sur la table recouverte d'une nappe en papier blanche, qui crissait quand on frottait quelque chose dessus. Il s'était emparé d'un amuse-bouche au jambon et avait rejoint John, Ronon et Radek qui discutaient prés du canapé. Il ne manquait plus que Carson. Il manquerait toujours Carson à présent.

Ils étaient chez la maman du médecin. La vielle dame avait prit la nouvelle avec dignité quand Rodney lui avait annoncé la mort de son fils, mais il savait qu'intérieurement elle était déchirée. Il savait qu'elle faisait comme lui, que ce visage triste mais résigné n'était qu'une façade. On ne se résignait pas à la mort de quelqu'un d'aussi extraordinaire.

En arrivant prés du petit comité d'Atlantes discutant de banalités prés du canapé, seul Ronon avait osé regarder Rodney dans les yeux. Ils étaient tous dans le labo quand l'explosion ayant tué Carson avait eu lieu. Ils avaient tous entendu John répéter une dizaine de fois le nom de Carson, ils avaient tous vu le regard horrifié de Radek, ils avaient tous du se résigner quand Ronon avait baissé les yeux. Et ils avaient tous compris quand Rodney avait reculé, jusqu'à être dos au mur, quand il s'était mis à répéter des « non », des négations de ce qui venait d'arriver, des « Carson ». Quand il s'était recroquevillé sur lui même en hurlant. Personne ne l'avait jamais vu comme ça. Et ça avait dérangé tout le monde.

Mais Ronon savait ce que ça faisait quand on perdait quelqu'un qu'on aimait. A fortiori quand on n'avait personne d'autre à qui se raccrocher.

Il savait que cet homme élégant à la bouche pincée se retenait de ne pas tout renverser, de ne pas crier, de ne pas frapper tout ce qui passait à sa portée afin d'évacuer sa douleur. On devient violent quand on souffre. Mais Ronon voyait au-delà de ce que les autres pensaient. Ces autres avaient deviné les sentiments de Rodney à l'égard de son ami décédé en évaluant la douleur, comme un relevé de compteur d'eau qui vous dirait à quel point vous aimiez une personne par rapport au nombre de larmes que vous avez versé pour elle. Les amis de Rodney s'étaient trouvés dérangés par cette nouvelle. Et peut être aussi un peu déçu de n'avoir rien remarqué. Mais surtout dérangés. Le Docteur McKay aimait un mort, de surcroît un homme mort. C'était indécent. Et même s'ils avaient essayé d'accepter tout ça, c'était encore trop tôt pour regarder Rodney dans les yeux.

Lave

Ma mémoire sale dans son fleuve de boue


Ronon s'en fichait. Il avait lui aussi aimé une morte, et il savait que ça pouvait durer longtemps. Ca pouvait durer plus de sept ans.

Alors quand ils étaient rentrés sur Atlantis, il avait suivit Rodney dans ses quartiers. Ce dernier lui avait demandé pourquoi, lui avait demandé de le laisser tranquille, parce qu'il avait besoin de dormir. Ronon l'avait poussé doucement à l'intérieur et la porte s'était refermée derrière lui.

Qu'est ce que vous faites ? Pourquoi glissez vous vos doigts sous le n½ud de ma cravate ? Pourquoi l'enlevez vous ? Pourquoi vous ne dites rien ? Pourquoi enlever les boutons de ma chemise ?...

Pourquoi vous m'embrassez ?

Du bout de ta langue nettoies-moi partout

Je ne vous aime pas, je l'aime lui, je l'aime toujours. Ca ne marche pas comme ça, vous ne pouvez pas profiter de mon chagrin comme ça. Vous ne pouvez pas continuer. Je ne peux pas continuer à me laisser faire. Vous n'arriverez pas à me faire oublier ma douleur.

Et ne laisse pas la moindre trace

Je ne comprend pas ce qu'il m'arrive, aidez moi ! S'il vous plait ! Je veux tout oublier, je ne veux plus rien sentir. Effacez mon chagrin, éradiquez ma douleur. Faites de moi ce qu'il vous plaira, je vous laisse faire, mais...

De tout ce qui me lie et qui me lasse

Je veux l'oublier. Oublier que je l'aime, oublier que je ne pourrais jamais le lui dire, oublier que je suis un lâche.

Hélas.

Ronon fit glisser sa main sur l'épaule de McKay, enfouissant ses lèvres au creux de son cou, goûtant à sa peau laiteuse. Il caressa un instant la poitrine et fit doucement tomber la chemise en passant ses paumes sur les omoplates de Rodney.

Chasses

Traques-la en moi, ce n'est qu'en moi qu'elle vit


Cherchez la douleur, Ronon, vous êtes un expert, non ? Vous savez où trouver les choses qui se cachent. Trouvez ce que je cache, trouvez mon c½ur, mes regrets, toutes ces choses dont je veux me débarrasser. Toutes ces choses que personne ne verra jamais maintenant qu'il est partit. Je vous donne quartier libre.

Et lorsque tu la tiendras au bout de ton fusil

N'écoute pas si elle t'implore


Cette douleur n'est pas utile, ce deuil n'est pas salvateur. Elle ne m'aidera pas à accepter qu'il soit partit, elle ne m'aidera pas à me pardonner de l'avoir tué. Vous me dites dans un murmure plein de tendresse que ce n'est pas de ma faute, que c'est fait, c'est finit, c'est derrière moi. Que je dois vous laisser me faire oublier.

Tu sais qu'elle doit mourir d'une deuxième mort

Alors

Tue-la encore.


Tuez-là Ronon, je vous en prie ! Tuez ma conscience, tuez ma douleur, elle me brûle et m'empêche de respirer ! Faites de moi un monstre d'égoïsme, un monstre froid et sans regrets. Employez tous les moyens nécessaires, je n'en ai plus rien à faire, aidez moi...

Je ne vous aime pas, vous êtes juste un ami. Vous semblez être la dernière personne au monde à avoir réussis à me comprendre maintenant qu'il est partit. Vous semblez saisir ce qu'il m'arrive, vous savez ce que je veux ! Je veux tout oublier, je veux que ma mémoire s'efface, je ne veux plus souffrir. Tuez-moi, aimez-moi, faites moi mal, ça n'as plus d'importance, je veux juste oublier.

Pleure

Rodney rejette la tête en arrière pour permettre au Runner d'accéder plus profondément à son cou. Il sent les larges mains se poser sur son abdomen et éclate en sanglots quand elles remontent et viennent caresser son buste et ses épaules. Ronon le prend dans ses bras et le berce tendrement, avec une douceur dont McKay ne l'aurait jamais cru capable. Il enfouis son nez dans ses cheveux et Rodney ose enfin poser les mains sur le dos de son ami.

Le scientifique pleure de plus en plus fort, sa poitrine bougeant sporadiquement contre celle de Ronon, qui laisse les larmes de Rodney couler le long de ses bras.

Je l'ai fais avant toi et ça ne sert à rien

Ronon est devenu amer, plus rien au monde n'arriverait à le faire pleurer. Il a trop perdu pour ça. Il sait que c'est dur pour Rodney, mais il sait aussi qu'il est assez solide pour s'en remettre. Il sais surtout que ses larmes ne le soulageront pas, alors il continue sa besogne.

A quoi bon les sanglots, inonder les coussins

J'ai essayé, j'ai essayé.


Chut, laisse-moi m'occuper de toi... Je sais ce que tu ressens Rodney, je le sais parce qu'après toutes ces années, je les ressens encore. Ca ne se calmera jamais, mais tu apprendras à vivre avec. Tu comprendras que tu n'y peux plus rien.

Mais j'ai

Le c½ur sec et les yeux gonflés

Mais j'ai

Le c½ur sec et les yeux gonflés.


Tu ne pourras jamais guérir mes blessures, comme je ne pourrais jamais guérir les tiennes. L'innocence et la naïveté qu'on a perdue, on ne la retrouve jamais. On apprend aux guerriers à tout endurer, à ne jamais montrer de faiblesses. Toi et moi, Rodney, on est devenu des guerriers. On a appris à arrêter de se battre avec la vie.

Il faut que tu sois fort McKay. Que tu te forces à accepter ce qui c'est passé, que tu deviennes aveugle à la nostalgie. Il faut que tu recommences à vivre maintenant, que tu arrêtes de réfléchir.

Alors brûle

Rodney pousse un gémissement bizarre quand Ronon le soulève pour l'emporter sur le lit. Il murmure une vague protestation quand le sétidien lui retire doucement son pantalon. Il pose ses lèvres sur son ventre et remonte lentement. C'est tellement étrange...

Brûle quand tu t'enlises dans mon grand lit de glace

La peau de Ronon est brûlante quand il s'allonge sur Rodney. Peau de cuivre sur peau de lait, le feu sur la glace, la terre sur l'eau. Les dreads du Runner tombent sur le visage et les épaules de Rodney quand ils s'embrassent. Il n'ose pas les toucher, on dirait que chaque mèche est un serpent, une entité douée de vie. Il préfère la peau, cette peau si chaude, si douce. Plus douce que la sienne, devenue moins souple avec le temps. Ronon est plus jeune que lui, mais c'est lui qui mène la danse, c'est lui qui a le plus d'expérience avec la vie.

Mon lit comme une banquise qui fond quand tu m'enlaces

Leurs ébats sont dénués de désir et d'amour, ils sont justes nécessaires. Rodney a besoin de la chaleur de Ronon, Ronon a besoin de la présence de Rodney. Ca faisait presque neuf ans qu'il n'avait pas fait l'amour. Mais il ne veut pas se sentir comme un parasite, comme un profiteur qui abuserait du chagrin de Rodney. Il veut juste l'aider. Lui a guérit ses cicatrices, il va l'aider à oublier.

Plus rien n'est triste,

Plus rien n'est grave


Oublier juste une minute que le monde est cruel, que Carson est partit. Aide moi à oublier que je l'aime autant, qu'il me manquera toujours, que j'ai raté ma vie. Envoies-moi au ciel, aide moi à ne plus jamais redescendre. Soit mon oxygène, le chagrin m'étouffe. Aides-moi à ne plus me haïr, à tout oublier. Ronon, tu sais ce que je ressens, fais ce que tu as à faire.

Si j'ai

Ton corps comme un torrent de lave


Une douleur en remplace une autre, le plaisir remplace le remord. Cet immense corps chaud c'est tout ce qui compte, cette peau tannée tout ce qui sera son monde. Il ne veut plus jamais ressentir autre chose que cette douleur accompagnée de plaisir, cette douleur physique qui lui fait tout oublier. La langue de Ronon s'enfonce dans sa bouche et il laisse échapper un cri de plaisir quand il le sent venir en lui. Il sait qu'il peut fermer les yeux et imaginer que c'est Carson, que cette chose qu'il a tant espéré arrive enfin. Il peut aussi se faire croire qu'il n'est jamais tombé amoureux, qu'il est resté froid et cynique, que son c½ur ne s'est jamais emballé pour personne. A cet instant il peut tout.

Ma mémoire sale dans son fleuve de boue

Ronon roule sur le coté. Il entraîne Rodney sur lui, le couche face au plafond, l'enlace. Il le laisse reprendre sa respiration. Rodney sent le c½ur du Runner qui cogne contre son dos, et son c½ur à lui qui bat encore contre le bras de son amant. Il sent au travers de la transpiration de Ronon un effluve exotique, étranger et masculin. Il sent des perles de sueur couler sur sa peau, cette sueur qui a remplacé les larmes.

Il a encore un peu mal au corps.

Lave, lave


Et puis à mesure qu'il reprend son souffle, la douleur revient. La vraie, celle qui ne s'en irait vraiment jamais.

Ma mémoire sale dans son fleuve de boue

Ronon lui fais tourner la tête et l'embrasse. Les poils de son torse sont rêches contre son dos. Il a fait l'amour avec un homme, mais pas celui qu'il aurait voulu.

Il n'a pas oublié complètement, mais il sait qu'il peut encore survivre. Merci Ronon.

Lave.

Merci Rodney.

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Bouh, premier McDex ! Un peu bizarre je trouve... Déjà le pairing est assez spécial (même si je trouve qu'il y a pas mal de PDEs entre les deux), et puis mon idée est un peu bizarre aussi, enfin bon...

Reviews ?

# Posted on Sunday, 08 July 2007 at 3:17 PM

La manif'

La manif'
Auteur : Vive les Unas

Genre : OS (très court), humour, truc tout mignon.

Résumé : Carson décide d'organiser une manifestation un peu spéciale sur Atlantis.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, malheureusement.


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Carson jeta un coup d'½il rapide au miroir de sa salle de bain et arrangea quelque peu ses cheveux à l'aide du pot de gel trônant sur sa petite étagère. Bien. Il avait l'air parfaitement normal, entre le type cinglé et le prêtre. Il esquissa quelques sourires, voulant donner des intentions différentes à chacun, choisissant le plus approprié à sa tache.

Il inspira goulûment pour se donner du courage et s'approcha de la petite armoire, se demandant quel était le t-shirt le plus approprié. Finalement, il enfila un jean bleu foncé assortit d'un t-shirt rose (après tout, en ce moment c'était une mode masculine).

Beckett se rendit une fois de plus devant le petit miroir de la salle de bain, admirant le résultat. Souriant, il se saisit de son déodorant et s'en aspergea généreusement. Puis, il se brossa les dents.

Le médecin retourna dans sa chambre et sortit de son secrétaire un petit pot de peinture noire et un pinceau, ainsi qu'une grande feuille blanche cartonnée, qu'il avait ramené d'une papeterie de Glasgow lors de son dernier voyage sur Terre.

Il posa doucement la feuille sur le sol et ouvrit le pot de peinture avant d'y tremper le pinceau et de tracer précautionneusement de grandes lettres noires. Une fois sa besogne terminée, il se recula de quelque pas et admira sa toute nouvelle pancarte. C'était parfait, il n'avait plus qu'à attendre que sa sèche. C'était de la peinture acrylique, ça irait vite.

En attendant, il nettoya son pinceau, avant de sortir du tiroir de sa table de nuit un petit paquet de feuilles qu'il avait sortit sur Internet, liées entre elles par une agrafe. Il lut attentivement, relisant même les passages qu'il avait surlignés auparavant. Tout avait l'air au point. Ca allait être un super moment.

Soudain inquiet, il se demanda s'il n'aurait pas du demander l'autorisation à Elizabeth. Après tout, c'était un événement comme un autre... Mais Carson haussa les épaules. Ca n'était pas méchant ! Et puis c'était son jour de congé, il faisait ce qu'il voulait...

Il se dirigea vers son ordinateur portable et ajouta quelques chansons à son lecteur mp3, principalement des ballades et des chansons de Jeff Buckley, Georges Michael et Jimmy Sommerville, toutes illégalement téléchargées sur Terre. Après tout, qui irait lui demander des comptes ici ?

L'écossais enfila ses écouteurs et enclencha « Hallelujah » de Jeff Buckley, fermant les yeux quelques secondes afin de profiter de la chanson.

Puis, il retourna à sa pancarte pour effleurer du bout des doigts les grosses lettres, s'assurant qu'elles avaient séché. Soupirant de contentement, le médecin laça ses baskets et, prenant son panneau sous le bras, sortit de ses quartiers.

Il salua d'un mouvement de la tête toutes les personnes qu'il croisa dans les couloirs. Certaines le dévisageaient bizarrement, en ayant tout l'air d'avoir avalé leurs sous-vêtements.

Mouais, le t-shirt rose c'était peut être « too much » pensa Carson. De toute façon, c'était bien connu : il s'habillait encore plus mal que Rodney. S'il avait pu tenté la chemise de bûcheron à carreaux, il l'aurait fait !

L'écossais gagna la salle de contrôle, sa pancarte toujours sous le bras, et se plaça au milieu, dos au Stargate. Il ferma un instant les paupières, ignorant le rouge qui lui montait aux joues en raison de sa timidité naturelle, et leva le panneau au dessus de sa tête, les bras fièrement tendus. Il ouvrit enfin les yeux, prêt à constater la réaction du reste de l'expédition. Certains firent des yeux ronds, d'autres sourirent, d'autres encore cachèrent un rire moqueur.

Ronon, qui parlait avec Weir près du DHD artificiel, fut le premier à descendre les escaliers. Il se planta devant le Docteur Beckett et l'enlaça tendrement.

Quand il le lâcha, il lui octroya une tape amicale sur l'épaule. Teyla, qui passait par là, offrit un large sourire à son ami et l'enlaça à son tour, avant de poser son front contre le sien dans un salut purement athosien. Puis ce fut Chuck, le technicien de la porte, qui rougit légèrement et quitta son poste pour se serrer contre lui.

Elizabeth, légèrement déconcertée, suivit le jeune homme et câlina son chef chirurgien. Comme si c'était elle qui donnait le mot d'ordre, bientôt les personnes présentes dans la pièce affluèrent, faisant presque la queue pour donner un câlin au médecin.

Carson sentit son c½ur s'emballer quand le major Lorne passa ses bras autour de son torse et le souleva de quelques centimètres au dessus du sol. Il faillit faire une crise cardiaque quand Cadman l'enlaça par derrière et en profita pour le chatouiller. John quant à lui le serra rapidement dans ses bras, avant de lui donner une chaleureuse poignée de main.

Beckett était rassuré, il avait eu peur que les militaires aient plus de retenue, voir plus de préjugés que les autres.

Mais la plus belle surprise de Carson fut de voir Rodney sortir d'un téléporteur et s'approcher de lui.

- Sheppard m'a bipé. Il m'a dit que tu étais en train de te ridiculiser en public, le taquina t'il.

- Tu veux un coup de pancarte sur la tête Rodney ?

Le canadien étouffa un petit rire, et regarda autour de lui en rougissant légèrement. Il y avait du monde, mais tans pis.

Il passa doucement ses bras autours du corps de son meilleur ami et se serra contre lui pendant quelques dizaines de secondes.

-Je t'adores tu sais, chuchota le scientifique. Même si tu portes un t-shirt ridicule.

Ils se séparèrent, Rodney semblant un peu gêné.

-Ca compte pour moi, confia Carson. Je sais que tu n'aimes pas les démonstrations publiques d'affection.

McKay haussa les épaules et donna un coup de poing dans l'épaule du médecin.

- Tu aurais au moins pu me dire que tu étais Free Huger !


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Woaaa, j'ai fais une fic GEN !! Je m'épate tiens ! (Quoi, vous avez vraiment cru que Carson faisait une mini Gay Pride ? Hey, on l'appelle pas Nounours pour rien )

Vive les Free Hugs ! (Ou Câlins Gratuits en Français).

Des reviews ?


# Posted on Sunday, 08 July 2007 at 3:14 PM

Desiderare (SGA)

Desiderare (SGA)
Auteur : Vive les Unas

Genre : Sequel à l'épisode Sunday, donc OS triste, deathfic, encore un machin McBeck un peu poétique.

Saison : 3 ! Spoilers pour Sunday.

Résumé : Aux origines du mot « désir », il y a le latin « desiderare », « regretter l'astre perdu ». Aux origines du désir, il y a donc l'absence, et Rodney en fait douloureusement l'expérience.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, malheureusement. Sinon j'aurais changé le destin de mes personnages préférés.

Notes de l'auteur : Ayant été profondément traumatisée par la mort de Carson, j'ai décidé premièrement de faire des créas dessus (machins sur photo filtre, dessins, projet de clip et donc fanfic) et d'utiliser pour cet OS mes cours de philo, que j'adore partiellement, merci à mon professeur Je suis tombée au début de l'année sur l'étymologie du mot « désir », et je l'ai trouvé d'une beauté douloureusement réaliste. Et puis à la fin de Sunday, la scène de la digue était tellement euh...romantique et triste qu'entre deux crises de larmes, j'ai décidé de faire comme quand je suis pas bien, donc j'ai décidé d'écrire un truc bizarre, gnangnan et cliché, comme je les aime.


***

Desiderare, regretter l'astre perdu

S'allonger sur le dos, la tête face aux étoiles

Le chercher inlassablement

Croire l'apercevoir et finalement se résigner

Desiderare, contempler l'étoile absente

L'attendre des heures sans pouvoir le toucher

L'attendre chaque heure, chaque minute, chaque seconde

Et finalement se dire qu'il est peut être boudeur

Desiderare, sentir son c½ur vide

Espérer le remplir par la présence de l'astre

Se rendre compte qu'on est ridicule

Frissonner, fermer les yeux et rentrer

Desiderare, sentir les larmes couler

Le long des joues rougies par l'air trop frais

L'envie irrésistible de le tenir contre soi

Et le désespoir quand on sait que ça n'arrivera pas

Desiderare, le vouloir plus fort

Fermer les yeux jusqu'à la douleur

Vouloir se réveiller de ce cauchemar sans fin

Constater l'impossibilité du monde réel.

Desiderare, chaque nuit c'est pareil

Marcher jusqu'au bord de la digue,

S'allonger

Espérer qu'il arrive en croisant les doigts

Desiderare, chaque matin c'est pareil

S'être endormi sans l'avoir vu

Sentir la douleur compacte et tellement lourde

Revenir à la vie sans le vouloir vraiment.

Desiderare, contempler l'astre perdu

Perdu par sa faute, perdu pour tout jour

Pour toute nuit aussi, perdu pour tout le temps

Perdu pour toujours.

Desiderare, peur de l'avenir

S'en vouloir encore et ne plus souhaiter

Connaître demain, le futur

Dans l'absence, le futur infernal.

Desiderare, ce poids au fond du c½ur

Qui ne veut pas s'en aller, qui fait mal

L'impression de porter la mort sur ses épaules

L'impression écrasante d'un reproche absent.

Desiderare, se sentir coupable

Coupable d'égoïsme, un poids sur le c½ur

Coupable de n'avoir pas voulu lui faire plaisir

Une culpabilité qui ne s'atténuera jamais.

Desiderare, avoir tué un homme

Non, pire, avoir tué son meilleur ami

Celui qu'on croyait aimer comme un frère

Celui qu'on aime maintenant plus que soi.

Desiderare, chantonner Yesterday

Sa chanson préférée, un peu comme un appât

Pour le faire revenir, pour le faire revivre

Mais personne ne vient et la digue est vide.

Desiderare, regretter l'astre perdu

Se souvenir de ses yeux,

Comme deux étoiles de méthane

Se dire qu'il a brûlé et qu'il n'est plus là.

Desiderare, ne pas vouloir y croire

Vouloir encore le serrer dans ses bras

Vouloir plus que ce qui n'est jamais arrivé

Vouloir plus que de l'amitié

Desiderare, aimer tout recommencer

Table rase, à zéro, remettre les conteurs

Leurs histoires d'enterrement ne font même plus peur

Espérer le revoir, ne pas croire à la mort.

Desiderare, espérer sécher ses larmes

Un jour peut être, refaire sa vie

Mais sans lui c'est impossible

Le futur est douloureux.

Desiderare, crier son prénom

A l'océan, aux vagues, aux cétacés

Son prénom qui s'étrangle dans la gorge

Il ne vient pas, il ne viendra plus jamais.

Desiderare, ne pas s'être fait d'idées

Ces regards, ces allusions

Ces touchés pleins de tendresse

En y réfléchissant...

Desiderare, l'envie devient incontrôlable

Le besoin de le serrer fort

D'enfouir sa tête au creux de son épaule

De sentir son odeur, de l'avoir là, vivant.

Desiderare, volonté d'aimer

D'aimer comme jamais, d'aimer plus fort encore

De rendre heureux, de caresser, d'embrasser même peut être

Volonté de finir ses jours avec lui.

Desiderare, se dire qu'on a été con

Con de refouler tout ce qu'on ressentait pour lui

Con de ne pas croire au bonheur

Con d'atteindre le trop tard pour désirer enfin.

Désirer ses yeux, désirer son corps

Sa bouche, ses cheveux, ses mains larges et tendres

Les battements de son c½ur une main posée sur sa poitrine

Les baisés plus intimes à mesure que le temps passe.

Désirer ses lèvres, qui semblaient l'appeler

Désirer son sourire après une nuit d'amour

Désirer le revoir, plus fort, plus que tout

Désirer, désirer, comme assoiffé de lui.

Desiderare, maintenant c'est trop tard

Des invitations discrètes il ne reste plus rien

Desiderare, regretter l'astre perdu

Les « je t'aime » en pagaille n'existerons jamais.

Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets...


Voilà, je crois que je vais faire d'autres choses sur la mort de Carson, mais là je voulais insister sur le sentiment de tristesse, de culpabilité et sur les regrets de Rodney, qui selon moi, a perdu non seulement son meilleur ami, mais en plus la seule personne qu'il aurait été capable d'aimer vraiment.

Reviews ??
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# Posted on Sunday, 08 July 2007 at 3:12 PM

Plus là (suite et fin)

Plus là (suite et fin)
Cette fois ci, la chanson c'est “Je veux bien t'aimer” de Linda Lemay. J'ai juste changé certaines paroles pour les mettre au masculin. (Moi être grande fan de variété quebecquoise...Ca pas être de ma faute, désolée)
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Heighmeyer avait diagnostiqué une dépression. Trop de pressions qui entraînent la dépression avait-elle dit. Alors au début, il avait pris des médicaments, de plus en plus forts, qui le rendaient chaque jour de plus en plus groggy.

Elle a fait savoir à Elizabeth que ce n'était pas raisonnable de le laisser partir en mission. Puis, comme son état ne s'améliorait pas, elle lui avait ordonné de prendre du repos et de ne plus travailler du tout avec des aiguilles et des scalpels. Ca se sentait, elle avait peur du pire.

Comme l'état de Carson ne s'améliorait toujours pas, il avait du rentrer sur Terre. Bien sur j'avais voulu le suivre, mais lui ne l'entendais pas de cette oreille. J'étais nécessaire, on avait besoin de moi ici, je devais rester. Je lui ai rétorqué que j'étais libre de faire ce qui me plaisait, et lui m'a dit que si j'avais un temps soit peu de morale, je devais rester sur Atlantis et le laisser partir.

Je lui ai dit qu'il était fou.

Je veux bien t'aimer

Mais comment est ce que je peux t'aimer si j'te vois pas


Il était fou mais il avait raison, je ne pouvais pas le suivre, même si j'en mourrais d'envie.

Je lui ai juste dit qu'il allait me manquer. Et puis il m'a posé cette question bizarre...

Je veux bien t'aimer

Tout chaste ou presque comme les curés qui s'marient pas

Les s½urs cloîtrées qui se préservent pour un bon vieux Dieu qui se cache


J'étais du genre fidèle, ça il le savait. Malgré tout je savais qu'il était jaloux, jaloux de Katie Brown et de Samantha Carter, jaloux de toutes ces autres belles plantes qui, après être passées dans les bras de Sheppard et après avoir séché toutes leurs larmes étaient venues vers moi. C'était comme ça que je fonctionnais avant lui. Sheppard les avaient en premier, dégoûtait celles qui ne lui plaisait pas plus que ça et les envoyaient dans mon lit. Bon, en général c'était plutôt dans l'embrasure de ma porte, parce que j'étais tellement maladroit qu'elles se sauvaient rapidement, mais le système avait à peu prés marché.

Et puis un jour, le type que je connaissait depuis un stage à Glasgow en 1988 (je m'étais cassé une jambe et c'était l'infirmier de garde à l'hôpital à l'époque. Une amitié était née ce jour là, on avait gardé contact, et quand le SGC avait recherché un médecin compétant bardé de diplômes dans une infinité de spécialités, je l'avait appelé, ils l'avaient engagé et je crois que c'est un peu à cause de moi qu'il s'est engagé dans l'expédition Atlantis, trouillard comme il est, il ne se serait pas empêtré dans un bordel pareil sans au moins un visage familier), et bien ce type m'avait pris la main. J'étais dans un lit, après un petit accident de Jumper sous-marin, je dormais, et quand je me suis réveillé, il avait les larmes aux yeux. Il avait cru me perdre, ça avait flatté mon ego.

Puis ça avait viré quatrième dimension. Il a pris ma main, a entrelacé ses doigts dans les miens et a posé ses lèvres sur mon poignet.

Je veux bien t'aimer, bien sur j'en rêve

Mais comment veux tu que ça marche ?


Il est marrant lui, il en a déjà vu des couples séparés par plusieurs millions d'années lumières ? Aucun des membres de l'expédition ayant leur moitié sur Terre n'est resté avec à ma connaissance.

J'aimerais bien que ça continue, je ne veux que ça, mais en étant réaliste, est ce que c'est seulement humainement possible ?

Je veux bien me moquer du proverbe

Qui dit « loin des yeux, loin du c½ur »

Dire que c'est faux, que c'est acerbe

Que c'est exprès pour nous faire peur


Oui, ça me fait peur. J'ai peur de l'oublier, de passer à autre chose. J'ai peur de ne pas me souvenir du son de sa voix, de la douceur de sa peau, de la couleur de ses yeux. J'ai peur d'être attiré par d'autres personnes, j'ai peur de me tromper en le trompant. Et j'ai peur que lui m'oublie, qu'il aille voir ailleurs, ou pire, qu'il pense que personne ne le retiens plus et qu'il s'enfonce encore plus dans sa mélancolie.

J'ai peur de moi. De me retrouver seul. De ressentir le vide autour de moi, mes draps glacés et mes bras qui n'ont plus rien à tenir.

Peur de tomber dans la caricature du « tu me manques », de lui parler dans le vide, de me tripoter en faisant semblant que c'est lui qui me fait l'amour, de m'endormir en serrant un oreiller qui le représenterais.

Je veux bien m'endormir chaque soir

En m'blottissant contre personne

Avec ton corps dans la mémoire

Comme une mère grand qui pleure son homme.


J'aime son corps, si semblable au mien, si différent en même temps. Je le connais par c½ur, chaque repli, chaque zone érogène, chaque grain de beauté. J'aime ses dents trop alignées pour être honnêtes, sa langue au goût de dentifrice, j'aime l'odeur de ses cheveux, j'aime le rythme de sa respiration, j'aime ses lèvres fines et roses, leur goût sucré, j'aime la peau de son cou qui le fait réagir si drôlement, sa poitrine imberbe et les muscles de ses bras, ses mains pales, ses hanches, ses fesses et la chaleur de son sexe.

Sa voix à quelque chose d'indéfinissable, de sensuel. Ses baisers mouillés chatouillent, ses baisers tendres me font fondre, ses baisers rapides me frustrent.

Il m'est complémentaire, s'il est triste je le suis aussi, s'il sourit je suis heureux et s'il marche, je marche à ses cotés.

Pourrais-je vivre sans lui ?

Je veux bien t'aimer

Même jusqu'à croire aux éventuels avantages

De mélanger nos deux histoires en perpétuel décalage


Sur Terre, il se lèvera quand je me coucherais et mangera quand je serais en train de courir pour échapper à une armada de Wraith. Notre accord parfait sera brisé.

Il prévoit de retourner chez sa mère, elle s'occupera bien de lui, je le sais. Mais notre vie sera si différente... Comment s'entendre si nos quotidiens sont si opposés, si nos préoccupations sont tellement incompatibles ? Quand je le verrais, il me parlera des vainqueurs de la coupe du monde de football tandis que je lui énumérerais le nombre de morts sur Atlantis ce mois-ci ?

Je veux bien forcer tous ces hasards

Qui refusent de jouer en notre faveur


Il le sait, je suis plein de bonne volonté. Je suis prés à quitter Atlantis aussi souvent qu'il le voudra, passer toutes mes vacances avec lui, tout lui donner. Je veux bien faire les quatre semaines de trajet avec le Dédale tout les trois mois pour venir le voir, lui envoyer des tonnes et des tonnes de lettres à l'eau de rose, même si je déteste en écrire.

Je suis prés à me mentir en croyant que nous c'est possible, à ravaler mon chagrin et à penser à lui comme s'il allait revenir d'une minute à l'autre.

Et puis gagner la chance de te voir

Deux petites journée ou deux petites heures


Quand je retournerais sur Terre, je pourrais profiter de lui, le serrer dans mes bras, l'embrasser. Pas longtemps, mais quand même assez pour faire semblant d'instaurer un autre quotidien. Faire la grasse matinée, le regarder cuisiner, lire et regarder des films idiots avec lui, aller se promener. Vivre comme un couple normal, enfin, un couple homosexuel normal, si la définition de la normalité se borne aux plus nombreux.

Ma vie entière sera rythmée par mes visites, je me dirais « plus que trois semaines et je le vois », « encore quelques jours et je pourrais être avec lui », « dans quelques semaines, il me fera l'amour ». Je me réveillerais et tout les matins me dirais que tout ce que je ferais ce jour, ce seras pour lui, pour pouvoir avoir la chance de l'enlacer. Comme un prisonnier je décompterais les jours, en griffonnant de petits bâtonnets sur un carnet, en sentant mon c½ur se réchauffer à mesure que l'échéance approche. Il restera ma raison de vivre.

Quand mon avion se posera en Ecosse, je respirerais un grand coup, je me sentirais revivre. Quand je l'apercevrais dans la salle d'embarquement, je sentirais mes entrailles bouillir, quand il me sourira j'irai courir vers lui, lui sautant dans les bras comme dans les films romantiques destinés aux ménagères.

Je veux bien t'aimer

Mais comment est ce que je peux t'aimer si j'suis pas là ?

Pour t'envelopper de ma tendresse

Et te consoler si ça va pas ?


Il est déjà triste, dépressif, s'il ressent les mêmes sentiments que moi à son égard, comment pourra t'il guérir ?

Déjà, sur Atlantis, il traînait son corps comme si c'était un poids, il soupirait en regardant par la fenêtre, et quand il se décidait à ne plus être léthargique, il fondait en larmes. Je n'ai plus compté les soirs où je tenais un légume dans mes bras, un légume aux yeux bleus que je berçais en enfouissant mon visage dans ses cheveux, lui répétant que tout allait bien. Les matins où je me réveillais à coté d'un visage baigné de larmes, que j'embrassais, comme si ça allait le guérir de ses états d'âme...

Mes passages dans ses quartiers au beau milieu de la journée, où je le trouvais assis sur son lit, les genoux ramenés sous le menton, à déprimer.

Je ne suis pas sur de la raison pour laquelle il est comme ça. Nous avions notre Carson joyeux ou presque, un homme quasi normal, et un jour, nous l'avons retrouvés comme ça.

Il est resté trois jours prisonnier d'un peuple plutôt primitif, et une nuit, alors que je mourrais d'inquiétude, ils l'ont renvoyés sur Atlantis, à moitié défroqué, le visage boueux et en sang. Ses confrères médecins m'ont dis qu'il avait été torturé, un peu, juste un peu, quelques plaies superficielles sur le visage, les bras et le torse. Nous n'avons jamais su pourquoi, il n'a jamais rien voulu me dire. Les blessures physiques ont vite cicatrisées, mais à l'interieur...

J'ai eu tellement peur de le perdre à mon tour que j'ai tout fait pour aller doucement avec lui, pour l'aider, mais rien n'a marché. Je me suis sentit impuissant. Minable.

Je veux bien t'aimer de loin,

Le c½ur tout plein de ton grand vide


Il va tellement me manquer... J'ai envie de pleurer. J'ai le c½ur gros, j'ai l'impression qu'il est rempli d'eau, comme si les larmes qui n'étaient pas sorti l'avait inondé. Il est comme suspendu à une ficelle, de celles qui se cassent brin par brin, en faisant un bruit de corde de guitare. La matière de mon corps et de mon esprit est rentrée sur terre, il ne reste plus qu'une coquille vide, un moignon d'homme qui ne veut pas cicatriser.

Quand je rêve de lui, j'ai l'impression qu'en me réveillant je vais le trouver prés de moi. Ma main explore le matelas, mais elle ne rencontre que les plis froids du drap housse, là où devrait se trouver de la chair chaude et une âme aimante.

Pour une fois, je n'ai pas voulu jouer aux égoïstes, arguant qu'il souffrait sans doute plus que moi. Mais que puis-je faire sans lui ? Ma vie n'a aucun sens à part mon travail quand il est absent. Je ne pas le voir, pas le toucher, le sentir ou lui parler. Les seules choses qu'il me reste, ce sont des photos de lui, d'il n'y a encore pas si longtemps, quand il était heureux.

Ca fait mal de savoir que la personne...que la personne...

T'aimer d'amour et de chagrin

T'aimer pour rien les yeux humides.


Ca fait mal de savoir qu'il n'est pas heureux. Si je pouvais, j'endurerais toutes ses souffrances à sa place. Je le reconstruirait, je le connais par c½ur, pièce par pièce, j'y passerais des heures, recollant patiemment tout les morceaux de son être brisé. Je ferais n'importe quoi pour lui, n'importe quoi. Je veux son bonheur, je fais tout ce que je peux pour le rendre heureux, tout échoue, rien de fonctionne, encore plus depuis qu'il est partit. Je ne peux pas le guérir à distance, personne n'a l'air de comprendre ça. Mais je ne pouvais déjà pas le guérir en le tenant contre moi.

Est-ce que je ne tiens pas assez à lui ? Je n'y vais pas assez fort ? Suis-je vraiment incapable d'aider la personne auquel je tiens le plus au monde ?

Je veux bien t'aimer mais pour être franc

Je suis pas solide si j'te vois pas


Il m'appelait son point d'Archimède, son socle, son harnais. Je préférais ça aux surnoms débiles dont les femmes m'affublaient habituellement. J'étais les murs il était le toit de la maison. Et même si quelques tuiles s'étaient envolées, ce toit restait vaillant, prêt à braver toutes les intempéries, puisqu'il était soutenu par les murs de l'édifice. Mais si les murs se fendent, si le papier peint se décolle, si les murs veulent s'écrouler, ils font tomber toute la bâtisse comme un château de cartes.

Je soutiens Carson, depuis qu'une partie de lui s'est envolée. Avant, nous nous épaulions l'un l'autre, deux hommes de force et de faiblesse équivalente. Mais maintenant je suis tout seul à porter le poids de notre maison, je n'ai pas le droit de me fissurer.

Comment puis-je tenir sans lui ? Je ne suis pas capable de tout assumer tout seul !

Je suis comme un aveugle sans canne blanche

Ni chien guide, et sans ton bras


Il m'a ouvert les yeux. M'a apporté sa vision du monde, a adouci la mienne, m'a fait comprendre des centaines de choses, de celles que je serais incapable de résoudre avec un ordinateur. Il m'a appris à partager, il a ouvert mon c½ur sans lui faire mal, avec cette douceur infinie dont il a la maîtrise.

Pour traverser cette rue là

Que l'on appelle l'Océan


Deux univers différents, et pas au sens figuré. Des millions d'années qui nous séparent. S'il lui arrive quelque chose, je ne pourrais pas être auprès de lui avant une éternité. Je ne pourrais pas entendre sa voix assez souvent pour qu'elle fasse grimper la chair de poule de long de ma nuque, ni l'embrasser assez souvent pour ne plus à avoir faire l'effort de me rappeler son odeur, sa chaleur, sa douceur...

Pour traverser, mais jusqu'à toi

Y'a pas d'arc-en-ciel assez grand !


Et si le Dédale avait un problème, si je restais coincé sur Atlantis, si je perdais la possibilité de le voir ? Si, si, si, mon angoisse est peuplée de conditionnels, mon monde perd toute certitude quand il est loin de moi. Etre séparé de lui, c'est comme si on m'affamait, comme si on m'empêchait de dormir et de rêver. Et j'ai la persistante impression que personne ne pourra jamais m'aider, je suis au fond d'un puis humide et personne ne me tend de corde pour me sortir de là, tout simplement parce que les cordes n'existent pas. Je suis sous l'eau, à la recherche d'oxygène, mais l'oxygène est à la surface et rien ni personne ne m'aide à remonter. Pourquoi ai-je l'impression qu'il y a un fautif ? Et si c'était moi qui était en tord ? Si c'était moi qui n'avais pas réussis à le rendre heureux ?

Je veux bien t'aimer

Bien entendu

De toute façon est ce que j'ai le choix ?


Est-ce que j'ai eu le choix quand je l'ai vu ? Est-ce que j'aurais pu m'éloigner de lui, fermer les yeux, sceller mes paupières et penser à quelqu'un d'autre ? Je n'ai jamais cru à toutes ces conneries d'âme s½ur, mais la vérité c'est que sans lui, je suis vide, incomplet. Je suis un puzzle incomplet. Je ne suis pas.

Et même si j'avais eu le choix, je crois que je l'aurais...que je l'aurais quand même...

Je suis piégé, je suis perdu

Je tourne en rond, je t'aime déjà


Ca ne m'était jamais arrivé avant. Etre à ce point dépendant d'une personne, comme s'il était ma drogue. Il m'a pris dans ses filets, il ne l'a pas fait exprès, mais je n'arrive pas à me libérer, je n'ai même pas envie de lutter contre lui. Pas contre lui, tout contre lui. Et pourtant je n'arrive pas à le lui dire.

Même si je sens que je m'éreinte

A te chercher les bras tendus

Dans cet effrayant labyrinthe

Trop compliqué et trop tordu


Pourquoi la vie m'a-t-elle joué un tel tour ? J'étais bien tout seul, désespérément seul, à travailler tous les jours, chaque minute de chaque heure. D'accord, c'était une vie sans saveur, mais au moins c'en était une. Maintenant, la seule vie dont je jouis est celle que je passe à ses cotés. Et c'est quoi, 60 du temps ? Et après, quand il ne sera plus là, qu'est ce que je vais faire moi ?

Je sais, c'est égoïste, mon amant déprime et moi je ne pense qu'à ma vie sans lui, mais je ne peux pas l'aider. J'essaie de m'en persuader pour ne pas mourir étouffé par les remords.

Je vais t'aimer même si tout ça c'est sans issu

C'est impossible


J'ai pris ma décision. Enfin, ce n'est pas vraiment comme si j'avais eu le choix, mais j'ai pris mon courage à deux mains et le reste de tripes qu'il me restait, et je suis allé dire au revoir à moi-même, enfin, à l'autre moi-même. C'est comme si je me rendais à la cérémonie d'arrachement de mon c½ur, comme si après ça plus rien n'aurait d'importance.

Et j'y croirais comme d'autres croient au petit Jésus

Et à la Bible


Je ne croyais en rien, je me suis mis à croire en lui. Il est ma corde de rappel, et il s'en va aujourd'hui.

Ce matin, quand je me suis réveillé, bien au chaud sous sa couette, sa légère odeur de rose délicieusement lovée au creux de mes narines, il n'était pas à coté de moi, à sa place habituelle, c'est-à-dire dans mes bras. J'entendais des frôlements de tissus, des zips de fermeture éclair. Il était vraisemblablement en train de finir ses bagages.

Je sentis soudain sa chaleur prés de moi, et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Les larmes aux yeux, j'ouvris les paupières et passais mes bras autours de son cou, accentuant par là même notre baiser. Le son de la pluie qui clapotait sur les vitres de sa chambre berçait mes oreilles. J'avais des frissons de bien être et d'angoisse, comme quand on profite de quelque chose qui ne durera pas.

-Enlève moi...lui soufflais-je, le plus sincèrement du monde.

-Quand je reviendrais, je te le promets.

Il me sourit tristement et caressa tendrement mes cheveux. Ses lèvres se posèrent sur mes pommettes, ma joue, mon menton et mon cou, et il me serra fort contre lui. Les larmes affluèrent et vinrent mouiller sa nuque, caressant pour moi cette peau si familière que j'avais appris à aduler.

Plus tard encore, je regardais ma montre une énième fois et me décidait à rejoindre le quai d'embarquement du Dédale. Il allait me quitter dans moins de vingt minutes. Alors je me suis mis à courir pour être au plus vite prés de lui, je me suis aligné à coté de Sheppard, Weir, Ronon et Teyla, à qui il allait probablement faire ses adieux l'un après l'autre. John lui octroya une vigoureuse poignée de main, Elizabeth le serra dans ses bras, tout comme Ronon, qui décidément aimait ce type de démonstration d'affection. Teyla posa son front contre celui de son ami, un salut athosien en règle. Il était son meilleur ami.

Quand mon tour arriva, il me regarda longuement dans les yeux, et je pu y lire tout l'amour qu'il me portait. Personne n'avait jamais vraiment su pour nous deux, un peu par ma faute, je ne voulais pas l'ébruiter.

Je l'attirais contre moi, l'enlaçait comme je l'avais fait tant de fois, profitant comme un vampire des battements de son c½ur.

Je sais pas encore comment est ce que je vais t'aimer si je te vois pas

Mes mains se posèrent sur ses joues et je l'embrassait, ignorant les regards étonnés de mes camarades, seul comptaient lui et moi, rien d'autre.

Mais je vais t'aimer, c'est une promesse

Est-ce que t'entend ce que je te dis là ?

Je vais t'aimer


Je me séparais de lui les joues humides de mes larmes et des siennes, reniflant peu élégamment, me régalant une dernière fois du spectacle de son visage.

-Je t'aime, murmura t'il la voix tremblante, si tremblante qu'un coup de vent l'aurait emportée.

Je me saisi de sa main et la serrait très fort, pour lui dire que moi aussi. Je n'avais jamais réussis à faire sortir ces mots de ma bouche, même si à cet instant je les ressentais mieux que n'importe quel autre être humain. Ce n'était pas une amourette de vacances ou une de ces passions fulgurantes qui se soldent par un divorce. Ca dépassait tout ça, ça dépasse même les mots...

-Est-ce que tu continueras à m'aimer ?

Quelle question bizarre ! M'arrêterais-je un jour de l'aimer ? L'idée elle même me paraissait incongrue. Il était moi, je ne pouvais pas faire autrement que de l'aimer. Et je n'avais ni l'envie, ni le manque de sentiments pour arrêter de ressentir ça pour lui.

-Bien sur Carson.

Je vais t'aimer...

Nous sommes au dessus de l'Océan, dans un Jumper. La mer défile sur le pare-brise, comme si c'était un tapis roulant de supermarché ou d'aéroport. Il est à coté de moi, nous avançons vers je ne sais où, c'est le principe d'un enlèvement. En bonne et due forme...

-Je t'aime.

\/\/\/°°°\/\/\/

Voilà, j'espère que ça vous à plus, même si c'était très chamallow... Je sais pas combien de fois j'ai conjugué le verbe « aimer » dans cette fic, mais allons bon c'est Noël, et à Noël on est censés se dire qu'on s'aime, non ? Joyeux Noeeeeeel !


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# Posted on Saturday, 27 January 2007 at 10:34 AM

Edited on Thursday, 31 May 2007 at 12:12 PM

Plus là

Auteur : Vive les Unas

Genre :Song fics, deathfics et pas deathfics.

Résumé : Deux song fics McBeck en rapport aux rumeurs de disparitions de Carson dans la saison 3, deux scénarios expliquant l'absence de Paul McGillion dans la saison 4...

Disclaimer : Rien ne m'appartient, malheureusement. Mais c'est Saschka qui m'a donné l'idée de la première song fic sur le forum de GSO !

Notes de l'auteur : La première chanson, c'est « How To Save A Life » de The Fray. C'est une chanson magnifique à laquelle je suis devenue complètement accro, je vous la conseille !

Spoilers des épisodes jusque Misbegotten... Mais la fic se passe dans la deuxième partie de la saison 3, puisqu'il y a une méchante rumeur qui stipule que Carson va mourir... Ca me fait faire des cauchemars cette histoire ! Bon, et je réponds déjà aux multiples questions : oui, je pense que Carson est complètement dépressif

Bon, ce n'est pas NC17, donc Pride peut les lires ces petites histoires...n'est ce pas ? (Non, ce n'est pas vrai, je ne me moque pas. Je respecte les gens qui respectent les warnings sur les fics .Même si je n'en fais absolument pas partie...)

PS: Spoilers pour Sunday si vous regardez la vidéo


CHAPITRE1



Step one you say we need to talk

He walks you say sit down it's just a talk


Il t'as donné rendez vous sur un des balcons de la cité, vers 20h, au moment du coucher du soleil. Vous vous disputiez plus souvent ces temps cis, il était différent depuis qu'il avait appris la mort de sa mère, comme s'il s'était vidé de toute énergie, de toute passion...

Il était tout le temps sur la défensive, il avait peur que tu t'apitoies sur son sort, alors que tu voulais juste l'aider, lui monter que tu étais là pour lui, mais devant ce mur qu'il avait érigé autours de lui tu avais eu peur. Parce que tu le connaissais depuis longtemps, parce que tu savais qu'il n'était pas comme ça.

Alors quand tu es arrivé au lieu convenu, tu t'es inquiété, s'il voulait te parler ça devait être grave. Peut être voulait il quitter Atlantis ?

Il t'as dit que c'était une discussion, juste ça. Donc tu t'es accroupi à coté de lui et tu as essayé de capter son regard.

He smiles politely back at you

You stay politely right on through


Rodney t'avais souris. Ses sourires étaient déjà rares, mais alors quand ils t'étaient destinés...

Tu ne lui avais jamais dit à quel point tu tenais à lui. Maintenant que ta mère était partie, il était l'être humain le plus proche de toi, plus proche que tes frères et s½urs, plus proche que n'importe quel ami.

Mais tu ne te laisses pas attendrir, tu as quelque chose d'important à lui annoncer. Tu dois tout lui dire, tout ce que tu penses de lui, tout lui dire avant que tu n'en ai plus le courage.

Tu lui dis qu'il devrait ôter sa carapace de mépris pour que les gens l'aiment, tu lui dis qu'il va craquer s'il continue à ce rythme, tu lui dis qu'il devrait arrêter d'accorder autant d'importance à son travail, tu lui dis de vivre, de faire attention à lui, et surtout de ne jamais abandonner. De ne pas t'oublier.

Il te demande ce qui te prend, pourquoi tu fais cette tête, pourquoi tu lui parles de ça maintenant. Il te dit que tu l'inquiètes, tu lui réponds qu'il n'a rien à craindre, que tout sera bientôt finit pour toi. Il te demande si tu as un cancer, tu ricanes, le SIDA alors ? Non Rodney, tout les gays ne meurent pas forcément de ça.

Tu lui demande si tu vas lui manquer en regardant la mer, il là il comprend. Il t'engueule, te dis que tu es fou, que c'est complètement idiot et inutile...

Some sort of window to your right

As he goes left and you stay right

Between the lines of fear and blame

And you begin to wonder why you came


Si c'est pour te sortir ses considérations suicidaires, merci bien, ce n'était pas la peine ! Tu le trouves dingue de vouloir faire ça, tu lui hurles dessus, tu lui dis qu'il est vraiment con de vouloir faire une chose pareille. Tu hurles pour couvrir les battements de ton c½ur, tu es terrifié, tu as peur comme jamais. Tu voudrais n'avoir jamais entendu ces mots là de sa bouche...

Where did I go wrong, I lost a friend

Somewhere along in the biterness

And I would have stayed up with you all night

Had I know how to save a life...


« Je me suis enfui en courant au bout d'un moment, en courant à reculons en lui hurlant qu'il n'avait pas le droit de faire ça, que notre amitié était terminée. Je croyais que ça allait le convaincre de ne rien faire, qu'il allait tout remettre en question. J'aurais du rester avec lui, tout le temps. Si je l'avais fait, il serait encore là aujourd'hui. »

Let him know that you know best

Cause after all you do know best

Try to slip past his defence

Without granting innocence


Tu lui avais démontré que ça ne servait à rien, qu'il n'y avait aucune façon pour qu'il rejoigne sa mère, que tu le savais parce que c'était scientifique, que tu étais scientifique, et que sa décision n'était si rationnelle ni raisonnable. Tu as essayé de percer ce mur autour de lui, de le convaincre qu'il n'était comme ça qu'à cause de sa mère, qu'à cause de ses expériences ratées avec les Wraith. Tu avais essayé de le convaincre que tout pouvait redevenir comme avant, qu'il pouvait redevenir comme avant. Et tu croyais avoir réussi...

Lay down a list of what is wrong

The things you told him all along

And pray to God he hears you

And pray to God he hears you


Ta décision était prise, ça allait être pour ce soir. Rodney s'était enfui sans que tu puisses tout lui dire, alors tu allais lui écrire. Et tu lui à écrit, tu lui as écrit une longue lettre sur ses défauts, ses qualités, ce qu'il devait améliorer, ce qu'il devait modifier, ce qu'il devait garder. Sur ce que tu ressentait pour lui.

Tu as songé à poser la lettre sur ton bureau, à coté de celle marqué « A tous », mais tu as préféré la cacher dans le vase de roses que Laura Cadman t'avait offert. Tu t'étais délecté de la réaction de Rodney quand il l'avait vu, on aurait presque dit qu'il était jaloux. Il était chanceux, il allait avoir une lettre d'adieux rien que pour lui. Ca allait peut être le retourner, mais tu avais confiance en lui, il tiendrais le coup. En espérant qu'il trouverait la lettre...

Puis tu as regardé une fois de plus la photo de ta mère, tu as mis en ordre tes affaires, tu as jeté un dernier regard à tes quartiers et tu es partit.

Where did I go wrong, I lost a friend

Somewhere along in the biterness

And I would have stayed up with you all night

Had I know how to save a life...


« Je n'arrivais pas à dormir, j'ai commencé à douter. Alors je me suis rué vers la salle de contrôle et j'ai activé le détecteur de signaux de vie. Il n'était pas dans les parties centrales de la cité, j'ai étalé la recherche aux zones plus périphériques plus éloignées. Et j'ai vu un point lumineux qui se dirigeait vers l'un des balcons les plus au nord de la cité.

J'ai couru comme un dératé pour le rejoindre. Mon c½ur battait dans mes tempes, et intérieurement je priais pour ne pas arriver trop tard. Je sentais mes yeux piquer en pensant à ce que je deviendrais sans Carson. Je devais l'en empêcher.

Je suis arrivé alors qu'il se tenait à la rambarde du balcon, déjà au-delà de la barrière, le corps penché en direction de l'océan. Il avait fait comme le Petit Prince, il avait voulu mourir à l'endroit précis où il était venu auparavant. Et tout au début de l'expédition, alors qu'on exploraient encore les zones inconnues de la cité, nous nous étions perdus sur ce balcon, lui et moi. On avait passé la moitié de la nuit à parler en attendant que Sheppard ne vienne nous chercher...

J'ai réalisé que c'était lui mon étoile, ma rose, mon renard et ma fontaine. Il était mon monde et je ne pouvais pas le laisser s'en aller, piqué par un serpent fin comme un doigt.

Je lui ai hurlé d'arrêter, je lui ai dit de revenir du bon coté, de ne pas faire cette bêtise.»

As he begins to raise his voice

You lower yours and grant him one last choice

Drive until you lose the road

Or break with the ones you've followed


Quand il a commencé à hausser le ton, tu t'es dit que c'était peut être quelque chose que vous pourriez faire tout les deux. Sur un ton presque inaudible, tu lui as murmuré un « viens avec moi », le regrettant presque tout de suite. Tu ne voulais pas sa mort, tu voulais son bonheur.

Il s'est approché, t'as dit que si tu tenais vraiment à lui, tu devais enjamber cette bannière et revenir au chaud, dans Atlantis, dans la vie réelle, pas dans cette mauvaise parodie de suicide.

He will do one of two things

Il t'a tendu la main, et tu l'as attrapé. Tout en restant du mauvais coté de la rambarde, tu l'as attiré contre toi. Tu voulais sentir sa chaleur une dernière fois, lui dire au revoir, lui dire la seule chose qui te tenait vraiment à c½ur et que tu avais cachée depuis le jour où tu avais posé les yeux sur lui.

He will admit to everything

Il admet qu'il t'aime, tu lui réponds les larmes aux yeux que toi aussi. Tu le serres dans tes bras, tu ne veux pas être séparé de lui...

Or he'll say he's just not the same

And you'll begin to wonder why you came


Mais tu lui dis que c'est trop tard, que vivre est devenu trop dur, que tu n'es plus le médecin gentil et plein de principes qu'il a connu. Tu n'es qu'un salaud. Perna, Ford, Michael, tu aurais pu tous les sauver, et à cause de tes manigances ils sont tous perdus. Tu ne mérites pas de vivre, tu en es persuadé.

Il te dit qu'il ne peut pas vivre sans toi, tu lui dis que toi tu ne peux plus vivre tout court. Il te sert plus fort comme pour t'empêcher de partir, alors tu tourne légèrement la tête et pose tes lèvres sur les siennes.

Tu entends des pas, la porte du balcon s'ouvre et deux soldats arrivent. Ils sont surpris de votre baisé et de votre position plus où moins dangereuse, mais tu t'en fiches, tu n'as plus rien à perdre.

Alors tu murmures à l'oreille de Rodney que tu es désolé, que tu l'aimes, qu'il faut qu'il soit fort. Tu desserres ses bras autours de ton torse, il résiste mais tu lâches tout. Il crie et t'attrape le bras, mais tu es plus lourd et tu ne te tiens à rien. A bout de forces, la seule personne qui te retenait au monde te lâche, et tu te sens tomber, tu te sens voler, comme si toute ta vie on t'avait privé de tes ailes. Tu fermes les yeux et essaie de garder comme dernière pensée la sensation des lèvres de Rodney sur les tiennes...

Where did I go wrong, I lost a friend

Somewhere along in the biterness

And I would have stayed up with you all night

Had I know how to save a life...


Après la cérémonie à la mémoire de Carson, j'ai éprouvé le besoin d'aller dans ses quartiers, qui n'avaient pas encore étés déménagés. Je voulais emporter un peu de son odeur avec moi, toucher ses affaires, voir si sa chaleur demeurait, peut être vérifier si son fantôme hantait la chambre. Je ne croyais plus en rien, même pas en la réalité et la science, que j'affectionnais tant.

Il avait parfaitement rangé ses affaires, je reconnaissais bien là sa maniaquerie. Elizabeth m'avait dit qu'ils avaient trouvés une lettre sur son bureau, expliquant son geste. Ils croient tous qu'il a pété les plombs, alors que ça faisait longtemps qu'il avait commencé à perdre pied.

Mes yeux se sont tout suite remplis de larmes à l'ouverture de la porte. J'avais eu raison, son odeur était encore dans la pièce.

Emu, j'effleurais du bout des doigts le couvre lit bleu, les oreillers, le dossier de la chaise de bureau et les pots à crayons...Mon regard se posa sur le vase de terre cuite à présent vide que Cadman avait offert –rempli de roses jaunes- à Carson à l'occasion de leur rupture. Cela m'avait fait sourire, parce Carson n'était sortit avec Laura que pour faire bonne figure, à cause des rumeurs qui circulaient dans la cité. Même si ces rumeurs étaient véridiques –Carson était homosexuel mais ne voulais pas que ça se sache-, il avait jugé bon de les démentir, en sortant avec Cadman, non sans lui avoir expliqué qu'elle n'était là que pour la façade. Quand Laura était repartie sur terre, ils avaient rompus amicalement, avec des roses.

Quand je les avais vues pour la premières fois et que Carson m'avait expliqué qu'elles venaient de la militaire, j'avais vu rouge, il y avait eu comme un élan de haine et de jalousie qui était monté en moi et j'étais partie si je puis dire en claquant la porte. Cette tête de mule d'écossais m'avait bien fait marcher...

Une vague de désespoir me submergea. Pourquoi n'était-il plus là ? Il n'avait pas le droit de m'abandonner comme ça... Je l'aimais et je l'aime toujours, mais il a préféré tout arrêter parce qu'il avait jugé ne pas mériter la vie et le bonheur. Mais qu'est ce qu'il lui a pris !!

Effondré et colérique, j'agrippais le vase et le lançait contre le mur, évacuant ainsi la rage et l'impuissance qui m'étouffaient depuis que j'avais vu le corps de Carson s'enfoncer dans l'océan.

Quand je remarquais la lettre au milieu des débris de poterie, quand je vis mon nom écrit sur le rabat, mon c½ur manqua un battement et je manquais de m'évanouir.

Il m'aimait.

How to save a life...

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# Posted on Saturday, 27 January 2007 at 10:28 AM